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Le père "Poussière" |
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Il faut être aujourd'hui en tous cas septuagénaire pour avoir connu et apprécié l'antre des mille et une nuits de l'angle de la Grand-Rue et de la rue Centrale, le bazar de la famille STAUB (ci-contre), dont l'activité était également reconnue dans l'édition de cartes postales. Une fois ses parents disparus, c'est le fils STAUB, déjà âgé, qui avait repris l'exploitation de ce magasin et, tout naturellement, la population morgienne l'avait affectueusement affublé du surnom de " père poussière ". |
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Avec le temps, il avait accumulé tellement d'articles hétéroclites dans ses vastes locaux que, si l'on venait par exemple pour acheter des becs de plumes, l'on risquait de repartir avec un énorme vase à glaïeuls ou des bretelles à fleurs. Pour nous autres, gamins à l'époque, c'était un bonheur que d'écouter le carillon en tubes de cuivre de la porte d'entrée. |
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Comme le " père poussière " se tenait dans un petit bureau de l'arrière-boutique et qu'il se déplaçait avec difficultés, à tous petits pas en traînant les pieds, l'on avait la cruauté d'ouvrir la porte en faisant tinter le carillon et l'on attendait que les petits pas approchent, fuyant alors fiers de notre exploit. Dans l'une de ses vitrines de la rue Centrale, il avait exposé, des années durant, un automate qui nous fascinait. On restait longuement devant ce cordonnier (ci-contre) réparant une chaussure de plus en plus lentement, pour s'endormir ensuite sur son travail, puis se réveiller en sursaut, reprenant son boulot à la vitesse grand V. |
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Rappeler le souvenir du " père poussière ", c'est faire revivre un monument incontournable du vieux Morges et, certainement, l'un des meilleurs éditeurs de cartes postales régionales, dont l'éventail est devenu un véritable patrimoine. |
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Jean-Pierre CUENDET ......................... |
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